
Le pêcheur est là, presque seul, juste une canne, son panier, un fauteuil. Une ligne qui trempe depuis longtemps déjà. Ses yeux profondément immergés dans un ciel océanique, une mer azurée, il attend, scrute, contemple, observe. Patient, imperturbable, il regarde, médite et se souvient. Les minutes sont longues, les heures aussi, les pensées vagabondent. Le soleil brûlant de l’été descend alors imperceptiblement sur l’eau. De loin en loin, son crépuscule caresse langoureusement le sol. Les rouleaux roulent et invariablement renouvellent avec entrain le même flux et reflux depuis le matin. Chaude, pétillante et frémissante écume qui s’avance sur le sable, tout du long s’étend, s’y abandonne, et presque aussitôt disparaît. Puis d’un coup ça vient. Le pécheur-philosophe finit toujours par attraper. Ici un bel horizon, là un beau coucher, quelques alcyons dans le ciel, des scintillements sur l’onde à fleur de rocher, parfois même un poisson. Et toujours l’oubli du bruit, du temps, du monde. Ces moments denses de plénitude qui n’appartiennent qu’à lui. Paix, éternité, harmonie. Partout l’intense quiétude des lueurs reposantes qui précèdent la nuit.
