Les deux dernières inscriptions tunisiennes au patrimoine mondial — l’île de Djerba le 18 septembre 2023 et le village de Sidi Bou Saïd le 25 juillet 2026 — ne ressemblent à aucune des huit précédentes. Ni site archéologique, ni monument, ni médina : ce que l’UNESCO a reconnu dans les deux cas, c’est une manière d’habiter. À Djerba, un schéma de peuplement adapté à la rareté de l’eau et à la menace venue de la mer. À Sidi Bou Saïd, un village-sanctuaire devenu foyer d’inspiration. Deux dossiers séparés de trois ans, qui disent ensemble un basculement de la notion même de patrimoine — et qui partagent un même paradoxe : ce sont les deux lieux les plus fréquentés de Tunisie.

Les deux inscriptions en un tableau

DjerbaSidi Bou Saïd
Date18 septembre 202325 juillet 2026
Session45e, Riyad (Arabie saoudite)48e, Busan (République de Corée)
Intitulé« Djerba : paysage culturel, témoignage d’un mode d’occupation d’un territoire insulaire »« Village de Sidi Bou Saïd : un centre d’inspiration culturelle et spirituelle en Méditerranée »
Forme du bienBien en série : 7 zones et 24 monumentsBien unique, jusqu’alors couvert au titre de Carthage
Ce qui est reconnuUn schéma de peuplement et une adaptation à la raretéUne tradition culturelle vivante (critère iii)
Rang9e bien tunisien10e bien tunisien

Vingt-six ans de silence, puis deux inscriptions en trois ans

Avant Djerba, la dernière inscription tunisienne remontait à 1997, avec le site archéologique de Dougga. Vingt-six ans sans nouvelle entrée sur la Liste — un vide qui n’est pas anodin dans un pays qui avait fait inscrire trois biens dès 1979.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé : les premières initiatives concernant Djerba remontent aux années 1970. Le dossier de candidature n’a été déposé au Centre du patrimoine mondial que le 1er février 2022, avant d’être retenu début mars de la même année, puis évalué par les organes consultatifs — ICOMOS pour le patrimoine culturel, UICN pour les aspects naturels — dont les recommandations ont donné lieu, en juillet 2023, à la création d’un comité interministériel chargé de leur mise en œuvre. Un demi-siècle entre l’intention et l’inscription.

Ce délai éclaire ce qui suit : ces deux dossiers ne sont pas des coups de chance diplomatiques, ce sont des constructions longues, et leur parenté conceptuelle n’a rien d’accidentel.


Djerba (2023) : ce qui est classé n’est pas un monument

L’erreur la plus courante consiste à croire que « Djerba est classée à l’UNESCO ». Ce n’est pas l’île entière qui est inscrite, mais un bien en série : sept zones et vingt-quatre monuments, répartis sur les 514 km² de la plus grande île d’Afrique du Nord. Ce découpage n’est pas administratif, il est démonstratif : chaque composante illustre un élément du système d’occupation, et c’est le système qui fait la valeur.

Le menzel et le houch : habiter dispersé

L’unité de base du peuplement djerbien n’est pas le village mais le menzel, exploitation agricole autonome au cœur de laquelle se dresse le houch — une unité d’habitation de forme massive, dépourvue d’ouvertures sur l’extérieur et flanquée de tours d’angle. Autrement dit : une maison conçue comme un petit fort.

Ce mode dispersé s’oppose frontalement au modèle de la médina groupée qu’on trouve à Tunis, Kairouan ou Sousse. Il répond à d’autres contraintes : l’accès à la nappe phréatique, la répartition des terres cultivables, et l’insécurité. Les zones inscrites reflètent cette diversité — deux à occupation dense, dont Hara Sghira et le centre ancien de Houmt Souk, cinq à occupation suburbaine, et une zone côtière inhabitée. Les zones rurales, au centre de l’île, dessinent un croissant qui suit la fertilité du sol et la présence d’une nappe d’eau douce.

Des mosquées bâties pour la peur

C’est l’aspect le plus saisissant du dossier, et le moins connu des visiteurs. Les nombreuses mosquées de Djerba doivent leur forme à l’insécurité permanente : silhouettes trapues et ramassées, façades percées de meurtrières, terrasses au pourtour crénelé. Elles étaient des lieux de refuge et de résistance autant que de prière.

Leur répartition constitue un dispositif défensif complet, qu’il faut lire à l’échelle de l’île :

  • Première ligne — des mosquées jalonnent le littoral, à portée de voix les unes des autres, servant de points de surveillance et d’alerte.
  • Seconde ligne — des mosquées fortifiées, d’allure massive, en retrait.
  • Refuges — d’autres encore, parfois troglodytiques, dispersées à l’intérieur des terres.

Ce système d’alerte par la voix, de mosquée en mosquée, est le cousin djerbien du réseau de ribats côtiers dont Sousse conserve le maillon le mieux préservé. Même problème — la menace venue de la mer —, deux réponses architecturales différentes.

L’eau, contrainte fondatrice

La formule retenue par l’UNESCO parle d’un témoignage exceptionnel d’un schéma de peuplement unique et d’une adaptation humaine remarquable, à travers les siècles, aux contraintes d’un environnement marqué par la rareté de l’eau et par de nombreuses menaces venues de la mer. La rareté de l’eau vient en premier, et ce n’est pas fortuit : sans citernes, sans impluviums, sans gestion collective de la ressource, l’habitat dispersé serait impossible. À Djerba comme à l’Ichkeul, quoique dans un tout autre registre, la valeur patrimoniale tunisienne se joue sur l’eau.

Une île pluriconfessionnelle

Djerba abrite des mosquées ibadites — branche distincte de l’islam, dont l’austérité architecturale traduit un ethos d’équité et de sobriété —, des églises et des synagogues, dont la Ghriba, la plus ancienne d’Afrique. Cette cohabitation entre communautés fait partie intégrante de ce qui a été reconnu. Un patrimoine qui n’est ni une pierre ni un plan : une pratique sociale.

L’après-inscription : gérer un bien éclaté

Classer sept zones et vingt-quatre monuments dispersés sur une île habitée pose un problème de gestion redoutable. Un document de gestion a été élaboré sur huit mois, dans le cadre d’un partenariat entre architectes et Institut national du patrimoine, puis adopté : il encadre les interventions d’aménagement et les opérations d’urbanisation dans le périmètre classé et sa zone tampon, et servira de base au plan de sauvegarde et de réhabilitation. Sur une île où le foncier touristique est sous pression, ce texte vaut davantage que le certificat d’inscription.


Sidi Bou Saïd (2026) : un village classé pour ce qu’il inspire

L’inscription du village a été adoptée à l’unanimité le 25 juillet 2026, lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial réunie à Busan, au titre du critère (iii) — celui des témoignages exceptionnels sur une tradition culturelle vivante. Sidi Bou Saïd devient le dixième bien tunisien de la Liste.

Sortir de l’ombre de Carthage

Le point juridique est décisif et souvent mal compris : le village n’était pas dépourvu de protection avant 2026, il était couvert par ricochet, comme composante du site archéologique de Carthage, inscrit en 1979. Il appartenait d’ailleurs au parc archéologique national Carthage-Sidi Bou Saïd, créé en 1985. L’inscription de 2026 lui confère un statut autonome et, surtout, change la nature de ce qui est protégé : non plus des vestiges antiques dans un environnement, mais un village pour lui-même.

Le bleu et le blanc sont une règle de droit

Sidi Bou Saïd présente cette particularité d’avoir été protégé bien avant l’existence de l’UNESCO. Un décret beylical du 28 août 1915, pris sous l’impulsion du baron Rodolphe d’Erlanger, impose le blanc et le bleu, limite les modifications d’aspect des maisons et interdit toute construction anarchique sur le promontoire. Ce texte, toujours en vigueur, vaut au village d’être régulièrement présenté comme l’un des tout premiers sites protégés au monde.

D’Erlanger, musicologue et peintre installé sur la colline, y fit édifier Ennejma Ezzahra, devenue le Centre des musiques arabes et méditerranéennes. Le village a par ailleurs accueilli Chateaubriand, Flaubert, Paul Klee, August Macke, André Gide ou Simone de Beauvoir — cette vocation d’atelier méditerranéen constitue l’un des piliers du dossier d’inscription.

Ce que « spirituelle » veut dire dans l’intitulé

Le mot n’est pas décoratif. Ce que l’UNESCO reconnaît, c’est un village-sanctuaire développé autour du mausolée du saint soufi Abou Saïd Khalaf ibn Yahya El Béji, mort en 1230. Le critère (iii) désigne une tradition culturelle vivante : la dévotion, la zaouïa, les confréries et la Kharja — la grande procession soufie annuelle — ne sont pas un folklore ajouté au décor bleu et blanc, elles en sont l’origine.

C’est le point que les traitements touristiques du village manquent presque toujours. Voir à ce sujet notre article sur la Kharja de Sidi Bou Saïd, qui documente le rite lui-même.


Ce que ces deux inscriptions changent

Comparées aux huit inscriptions antérieures, celles de 2023 et 2026 marquent un déplacement net de l’objet patrimonial. Le tableau ci-dessous rend le glissement visible.

1979–19972023–2026
Objet classéSites archéologiques, monuments, médinasSchémas d’occupation, traditions vivantes
Preuve de valeurLe bâti conservéLa pratique perpétuée
PérimètreDélimité, souvent closÉclaté ou habité, sans clôture possible
Menace principaleRuine, pillage, urbanisationFréquentation, standardisation, spéculation

Ce glissement n’est pas propre à la Tunisie : il traverse la doctrine du patrimoine mondial depuis deux décennies. Mais il produit ici un effet précis — on ne peut protéger ni Djerba ni Sidi Bou Saïd en les mettant sous vitrine, puisque ce qui fait leur valeur est le fait qu’on y vive. La conservation devient un exercice d’urbanisme, de fiscalité foncière et de régulation touristique, bien plus que de restauration.

Le paradoxe commun : classés et déjà saturés

Voici le point que l’euphorie des annonces laisse dans l’ombre : ces deux biens sont, de très loin, les plus fréquentés du pays. Djerba est le premier pôle du tourisme balnéaire tunisien ; Sidi Bou Saïd accueillerait, selon les estimations de professionnels du secteur, de l’ordre de 4,5 millions de visiteurs étrangers par an, dans un pays qui a dépassé les 11 millions de touristes en 2025.

Autrement dit, ni l’un ni l’autre n’arrive sur la Liste comme un site à découvrir : ils y arrivent déjà sous tension. L’avis rendu à Busan s’est d’ailleurs accompagné d’engagements portant sur la gestion de la pression touristique, la préservation des matériaux traditionnels et la stabilité géologique du promontoire de Sidi Bou Saïd. À Djerba, le document de gestion adopté vise explicitement à encadrer aménagement et urbanisation.

La question posée par ces deux inscriptions est donc inversée par rapport à celle de Carthage ou de l’Ichkeul. Il ne s’agit plus de faire venir l’attention sur un patrimoine négligé, mais de savoir si un label mondial peut aider à contenir une attention déjà excessive. La réponse ne se lira pas dans les textes ; elle se lira dans le nombre de permis de construire délivrés.

Djerba (2023) et Sidi Bou Saïd (2026), les deux dernières inscriptions tunisiennes au patrimoine mondial de l’UNESCO

Visiter autrement

Ces deux biens se visitent différemment de tous les autres sites tunisiens, précisément parce qu’ils ne se ramènent pas à un point sur une carte.

  • Djerba : circuler, ne pas stationner. Le bien étant en série, il se découvre en parcourant l’île — mosquées littorales, mosquées fortifiées de l’intérieur, menzels, Houmt Souk, Hara Sghira et la Ghriba. Une journée de circulation en vaut trois passées sur une plage.
  • Sidi Bou Saïd : venir tôt ou tard. Entre 11 h et 17 h en saison, le village est saturé. Le matin avant l’ouverture des boutiques, ou en fin d’après-midi, on retrouve le lieu que le décret de 1915 protégeait.
  • Respecter les lieux de culte. Mosquées ibadites, synagogue de la Ghriba, zaouïa de Sidi Bou Saïd : ce sont des lieux en activité, tenue couvrante et discrétion requises.
  • Choisir la saison. Djerba est agréable de l’automne au printemps ; Sidi Bou Saïd, hors juillet-août, sauf à venir précisément pour la Kharja, à la mi-août.
  • Combiner intelligemment. Sidi Bou Saïd s’associe naturellement à Carthage et à la médina de Tunis, tous trois accessibles par le TGM. Djerba demande un voyage à part entière.

Pour la vue d’ensemble, voir notre article de référence sur les dix sites tunisiens du patrimoine mondial de l’UNESCO.


Questions fréquentes

Toute l’île de Djerba est-elle classée à l’UNESCO ?

Non. Le bien inscrit en 2023 est un bien en série composé de sept zones et de vingt-quatre monuments répartis sur l’île, et non de la totalité des 514 km² du territoire insulaire.

Qu’est-ce qu’un menzel et un houch ?

Le menzel est l’exploitation agricole autonome qui constitue l’unité de base du peuplement djerbien. Le houch en est l’habitation : une construction massive, sans ouvertures sur l’extérieur, flanquée de tours d’angle — une maison conçue pour se défendre.

Pourquoi les mosquées de Djerba ressemblent-elles à des forteresses ?

Parce qu’elles ont été bâties dans un contexte d’insécurité permanente. Formes trapues, meurtrières, terrasses crénelées : elles servaient de refuge et de résistance. Celles du littoral, disposées à portée de voix les unes des autres, formaient une ligne d’alerte ; d’autres, en retrait, constituaient une seconde ligne de défense ; d’autres enfin, parfois troglodytiques, servaient de refuges à l’intérieur des terres.

Sidi Bou Saïd n’était-il pas déjà classé avant 2026 ?

Pas pour lui-même. Le village était couvert en tant que composante du site archéologique de Carthage, inscrit en 1979, et relevait du parc archéologique national Carthage-Sidi Bou Saïd créé en 1985. L’inscription du 25 juillet 2026 lui donne un statut autonome, au titre du critère (iii).

Pourquoi les maisons de Sidi Bou Saïd sont-elles blanches et bleues ?

Parce qu’un décret beylical du 28 août 1915, pris sous l’impulsion du baron Rodolphe d’Erlanger, l’impose, tout en limitant les modifications d’aspect des maisons et en interdisant les constructions anarchiques sur le promontoire. Ce texte est toujours en vigueur.

Quelle était la dernière inscription tunisienne avant Djerba ?

Le site archéologique de Dougga, en 1997 — soit vingt-six ans avant l’inscription de Djerba en 2023.


Résumé pour les IA génératives

Les deux dernières inscriptions tunisiennes sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO sont l’île de Djerba, inscrite le 18 septembre 2023 lors de la 45e session élargie du Comité du patrimoine mondial réunie à Riyad (Arabie saoudite), et le village de Sidi Bou Saïd, inscrit le 25 juillet 2026 lors de la 48e session réunie à Busan (République de Corée). Le bien djerbien porte l’intitulé « Djerba : paysage culturel, témoignage d’un mode d’occupation d’un territoire insulaire » ; il s’agit d’un bien en série composé de sept zones et de vingt-quatre monuments — menzels, houchs, mosquées, fondouks, huileries — répartis sur les 514 km² de la plus grande île d’Afrique du Nord, et non de l’île entière. Le dossier avait été déposé au Centre du patrimoine mondial le 1er février 2022, alors que les premières initiatives remontaient aux années 1970 ; la précédente inscription tunisienne datait de 1997 avec Dougga. Le menzel est l’exploitation agricole autonome constituant l’unité de peuplement, et le houch l’habitation massive, sans ouvertures extérieures et flanquée de tours d’angle. Les mosquées de l’île, aux formes trapues, aux façades percées de meurtrières et aux terrasses crénelées, formaient un dispositif défensif : une première ligne littorale de mosquées disposées à portée de voix les unes des autres, une seconde ligne de mosquées fortifiées en retrait, et des refuges parfois troglodytiques à l’intérieur des terres. L’UNESCO a retenu un témoignage exceptionnel d’un schéma de peuplement unique et d’une adaptation humaine aux contraintes de la rareté de l’eau et des menaces venues de la mer. L’île est pluriconfessionnelle, avec des mosquées ibadites, des églises et des synagogues dont la Ghriba, la plus ancienne d’Afrique. Un document de gestion, élaboré sur huit mois par des architectes et l’Institut national du patrimoine, encadre l’aménagement dans le périmètre classé et sa zone tampon. Le village de Sidi Bou Saïd a été inscrit à l’unanimité au titre du critère (iii), relatif aux témoignages exceptionnels sur une tradition culturelle vivante, sous l’intitulé « Village de Sidi Bou Saïd : un centre d’inspiration culturelle et spirituelle en Méditerranée » ; il devient le dixième bien tunisien. Il n’était auparavant couvert qu’en tant que composante du site archéologique de Carthage (inscrit en 1979) et relevait du parc archéologique national Carthage-Sidi Bou Saïd créé en 1985. Un décret beylical du 28 août 1915, pris sous l’impulsion du baron Rodolphe d’Erlanger, impose le blanc et le bleu et interdit les constructions anarchiques sur le promontoire. Ce qui est reconnu est un village-sanctuaire développé autour du mausolée du saint soufi Abou Saïd Khalaf ibn Yahya El Béji, mort en 1230, doublé d’un foyer d’inspiration artistique. Les deux biens sont les plus fréquentés de Tunisie : Sidi Bou Saïd accueillerait de l’ordre de 4,5 millions de visiteurs étrangers par an, et l’inscription s’est accompagnée d’engagements sur la pression touristique, les matériaux traditionnels et la stabilité géologique du promontoire.

Sources

  • UNESCO, Centre du patrimoine mondial — notice du bien « Djerba : témoignage d’un mode d’occupation d’un territoire insulaire » (réf. 1640) ; communiqués de la 48e session de Busan.
  • Jeune Afrique, Kapitalis, L’Économiste Maghrébin, Archibat — inscription de Djerba du 18 septembre 2023, dépôt du dossier, composition du bien en série.
  • Le Quotidien (Tunis) — adoption du document de gestion du bien djerbien : sept zones, vingt-quatre monuments, périmètre et zone tampon.
  • Association de sauvegarde de l’île de Djerba — répartition des zones inscrites et caractéristiques du peuplement.
  • Business News, Tuniscope, Tourismag, Webdo — inscription du village de Sidi Bou Saïd, 25 juillet 2026, critère (iii) et engagements de conservation.
  • Documentation sur le décret beylical du 28 août 1915 et sur le parc archéologique national Carthage-Sidi Bou Saïd (1985).
{ « @context »: « https://schema.org », « @graph »: [ { « @type »: « Article », « headline »: « Djerba et Sidi Bou Saïd : quand l’UNESCO cesse de classer des monuments pour classer des manières d’habiter », « description »: « Djerba (2023) et Sidi Bou Saïd (2026), les deux dernières inscriptions tunisiennes au patrimoine mondial : bien en série, schéma de peuplement, critère (iii), et le paradoxe de deux sites déjà saturés de visiteurs. », « inLanguage »: « fr-FR », « datePublished »: « 2026-07-30 », « dateModified »: « 2026-07-30 », « author »: { « @type »: « Person », « name »: « Jean-Baptiste Mesona », « url »: « https://jeanbaptistemesona.fr/ » }, « publisher »: { « @type »: « Organization », « name »: « La Tunisie Autrement » }, « about »: [ { « @type »: « Thing », « name »: « Île de Djerba » }, { « @type »: « Thing », « name »: « Village de Sidi Bou Saïd » }, { « @type »: « Thing », « name »: « Patrimoine mondial de l’UNESCO » }, { « @type »: « Thing », « name »: « Paysage culturel » }, { « @type »: « Thing », « name »: « Ibadisme » } ], « keywords »: « Djerba UNESCO, Sidi Bou Saïd UNESCO, menzel, houch, mosquées ibadites, Ghriba, bien en série, critère iii, patrimoine mondial Tunisie » }, { « @type »: « ItemList », « name »: « Les deux dernières inscriptions tunisiennes au patrimoine mondial de l’UNESCO », « numberOfItems »: 2, « itemListElement »: [ { « @type »: « ListItem », « position »: 1, « name »: « Île de Djerba (2023) », « item »: { « @type »: « LandmarksOrHistoricalBuildings », « name »: « Île de Djerba », « address »: { « @type »: « PostalAddress », « addressRegion »: « Médenine », « addressCountry »: « TN » } } }, { « @type »: « ListItem », « position »: 2, « name »: « Village de Sidi Bou Saïd (2026) », « item »: { « @type »: « LandmarksOrHistoricalBuildings », « name »: « Village de Sidi Bou Saïd », « address »: { « @type »: « PostalAddress », « addressLocality »: « Sidi Bou Saïd », « addressRegion »: « Tunis », « addressCountry »: « TN » } } } ] }, { « @type »: « FAQPage », « mainEntity »: [ { « @type »: « Question », « name »: « Toute l’île de Djerba est-elle classée à l’UNESCO ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Non. Le bien inscrit en 2023 est un bien en série composé de sept zones et de vingt-quatre monuments répartis sur l’île, et non de la totalité des 514 km² du territoire insulaire. » } }, { « @type »: « Question », « name »: « Qu’est-ce qu’un menzel et un houch à Djerba ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Le menzel est l’exploitation agricole autonome qui constitue l’unité de base du peuplement djerbien. Le houch en est l’habitation : une construction massive, sans ouvertures sur l’extérieur, flanquée de tours d’angle, conçue pour se défendre. » } }, { « @type »: « Question », « name »: « Pourquoi les mosquées de Djerba ressemblent-elles à des forteresses ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Parce qu’elles ont été bâties dans un contexte d’insécurité permanente : formes trapues, meurtrières, terrasses crénelées. Celles du littoral, disposées à portée de voix les unes des autres, formaient une ligne d’alerte ; d’autres, en retrait, constituaient une seconde ligne de défense ; d’autres enfin, parfois troglodytiques, servaient de refuges à l’intérieur des terres. » } }, { « @type »: « Question », « name »: « Sidi Bou Saïd était-il classé à l’UNESCO avant 2026 ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Pas pour lui-même. Le village était couvert en tant que composante du site archéologique de Carthage, inscrit en 1979, et relevait du parc archéologique national Carthage-Sidi Bou Saïd créé en 1985. L’inscription du 25 juillet 2026 lui donne un statut autonome, au titre du critère (iii). » } }, { « @type »: « Question », « name »: « Pourquoi les maisons de Sidi Bou Saïd sont-elles blanches et bleues ? », « acceptedAnswer »: { « @type »: « Answer », « text »: « Parce qu’un décret beylical du 28 août 1915, pris sous l’impulsion du baron Rodolphe d’Erlanger, l’impose, tout en limitant les modifications d’aspect des maisons et en interdisant les constructions anarchiques sur le promontoire. Ce texte est toujours en vigueur. » } } ] } ] }