La Kharja de Sidi Bou Saïd 2026 se déroulera les dimanche 16, lundi 17 et mardi 18 août 2026. Elle est portée conjointement par les Aïssaouas de l’Ariana et ceux de Sidi Bou Saïd. Cette édition revêt une portée inédite : c’est la première procession soufie du village depuis son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le 25 juillet 2026. Trois jours de chants, de bendirs, de drapeaux et de zikr sur la colline la plus photographiée de Tunisie — mais pour une fois, ce n’est pas la photographie qui compte.
La Kharja 2026 en bref : dates, lieux, organisateurs
La Kharja 2026 se tient sur trois jours consécutifs, du dimanche 16 au mardi 18 août 2026, à Sidi Bou Saïd, dans la banlieue nord de Tunis, dans le cadre d’une organisation conjointe des Aïssaouas de l’Ariana et de ceux de Sidi Bou Saïd. Voici l’essentiel avant d’entrer dans le détail.
| Événement | Kharja de Sidi Bou Saïd (الخرجة) — procession soufie annuelle de la confrérie Aïssaouia |
| Dates 2026 | Dimanche 16, lundi 17 et mardi 18 août 2026 |
| Lieu | Village de Sidi Bou Saïd, gouvernorat de Tunis, à environ 20 km au nord-est du centre de Tunis |
| Organisation | Conjointe : Aïssaouas de l’Ariana et Aïssaouas de Sidi Bou Saïd. Affiche diffusée par l’Association de sauvegarde du patrimoine à l’Ariana (جمعية المحافظة على التراث بأريانة) |
| Intitulé de l’affiche | « Tal’a Aïssaouia Ariana » — la montée des Aïssaouas de l’Ariana vers Sidi Abi Saïd El Béji |
| Saint honoré | Abou Saïd Khalaf ibn Yahya Ettamimi El Béji (1156–1230), éponyme du village |
| Accès | Processions dans l’espace public du village ; veillée finale dans l’enceinte du mausolée |
| Nouveauté 2026 | Première édition depuis l’inscription de Sidi Bou Saïd au patrimoine mondial de l’UNESCO (25 juillet 2026) |
Pourquoi l’édition 2026 n’est pas une édition comme les autres
Parce que la Kharja 2026 sera la première depuis que Sidi Bou Saïd est inscrit, en tant que site autonome, sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La décision a été adoptée à l’unanimité le samedi 25 juillet 2026, lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial réunie à Busan, en République de Corée. Le dossier tunisien était porté sous le titre « Village de Sidi Bou Saïd : un centre d’inspiration culturelle et spirituelle en Méditerranée ».
Le mot « spirituelle » n’est pas décoratif. Jusqu’alors, le village n’était protégé au titre du patrimoine mondial que par ricochet, en tant que composante du site archéologique de Carthage, inscrit en 1979. L’inscription de 2026 le reconnaît pour lui-même, au titre du critère (iii) — celui des témoignages exceptionnels sur une tradition culturelle vivante — et place explicitement au cœur de la valeur du site le mausolée du saint soufi autour duquel le village s’est agrégé. Autrement dit : la Kharja n’est pas un folklore qui se surajoute au décor bleu et blanc. Elle est la raison d’être de ce décor.
Cette inscription porte à dix le nombre de biens tunisiens inscrits sur la Liste, après Djerba en 2023, et fait de la Tunisie le pays africain qui en compte le plus. C’est aussi la deuxième reconnaissance UNESCO obtenue par le pays en 2026, après l’entrée du Géoparc du Dahar dans le Réseau mondial des géoparcs, en avril.
Qu’est-ce que la Kharja de Sidi Bou Saïd ?
La Kharja est une procession rituelle de la confrérie soufie Aïssaouia, organisée chaque année en août en l’honneur du saint patron du village. Le mot kharja (خرجة) signifie littéralement « sortie » : la sortie de la confrérie hors de son espace habituel, en cortège, dans les rues.
Trois mots, trois angles complémentaires, permettent de comprendre ce qui se joue :
- Kharja (« sortie ») — le point de vue de la confrérie qui sort et se donne à voir.
- Tal’a (« montée »), terme retenu par l’affiche 2026 — le point de vue du trajet : on monte de l’Ariana vers la colline de Sidi Bou Saïd, et l’ascension physique redouble l’ascension spirituelle.
- Mbita (« la nuitée »), nom ancien de la fête rapporté par la presse tunisienne — le point de vue du temps long : autrefois, visiteurs et habitants passaient trois nuits au mausolée, tandis que les Aïssaouas y égrenaient invocations et louanges au Prophète.
Cette dernière précision éclaire le format actuel : les trois jours de la Kharja ne sont pas une commodité de calendrier, ils sont le vestige des trois nuits de veille.
Qui était Sidi Bou Saïd el-Béji, le saint de la colline ?
Sidi Bou Saïd el-Béji, de son nom complet Abou Saïd Khalaf ibn Yahya Ettamimi El Béji, est un mystique et savant qui a vécu de 1156 à 1230. Originaire de la région de Béja, il s’installa sur les hauteurs de Djebel El Manar, au-dessus de Carthage, où il enseigna le soufisme et, selon la tradition locale, veilla sur les côtes — ce qui explique la dévotion durable des marins et des pêcheurs à son égard.
Sa position dans la chaîne spirituelle du soufisme maghrébin est loin d’être marginale. Il fut le disciple du cheikh Chouaïb Abou Madyan, et compta parmi ses propres disciples deux figures majeures : Abou Hassan ech-Chadhili, fondateur de la voie chadhilie qui rayonnera de l’Égypte au Maroc, et Sayida Aïcha Manoubia, la grande sainte tunisienne. La colline de Sidi Bou Saïd n’est donc pas un sanctuaire local : c’est un nœud dans la cartographie du soufisme méditerranéen.
Le village ne prit son nom qu’après sa mort. Une zaouïa s’élève sur sa tombe, le lieu devient un haut lieu de spiritualité, et c’est au début du XVIIIe siècle que Hussein Bey fait bâtir la mosquée-zaouïa qui abrite le tombeau. À partir de là, les familles beldia de Tunis viennent estiver sur la colline, dans une atmosphère mêlant villégiature et piété — et la Kharja compte parmi les célébrations les plus importantes de ces étés-là.
Qui organise la Kharja, et qui sont les Aïssaouas ?
La Kharja est le fruit d’une organisation conjointe entre les Aïssaouas de l’Ariana et ceux de Sidi Bou Saïd : les premiers montent en cortège, les seconds accueillent, et les deux communautés préparent ensemble les trois jours. L’affiche 2026 est diffusée par l’Association de sauvegarde du patrimoine à l’Ariana ; les éditions précédentes ont été couvertes par la presse tunisienne sous le nom d’Association Aïssaouia Ariana, structure culturelle dédiée à la préservation du fonds aïssaoui de la ville de l’Ariana et à la transmission de la voie.
C’est un point que les visiteurs manquent presque toujours, et il est structurant : la Kharja de Sidi Bou Saïd est une rencontre entre deux villes. Ce ne sont pas seulement les gens du village qui célèbrent leur saint ; ce sont les Aïssaouas de l’Ariana qui font la tal’a, la montée, pour rendre hommage à Sidi Abi Saïd El Béji, et les Aïssaouas de Sidi Bou Saïd qui les reçoivent chez eux — l’hospitalité rituelle faisant partie intégrante du rite. Deux confréries, un même saint, un cortège partagé : la Kharja n’est ni un huis clos villageois, ni la simple visite d’une confrérie extérieure.
La voie Aïssaouia se distingue par une hadhra — assemblée rituelle — d’une grande intensité rythmique : bendirs, chants dévotionnels, litanies répétées jusqu’à l’effacement de la conscience ordinaire. La presse tunisienne rapporte de longue date que certains adeptes atteignent l’état de transe et que la tradition aïssaouie s’accompagne de « scènes prodigieuses » — pratiques d’invulnérabilité réservées, dans le discours des confréries, à ceux qui sont « protégés ». Le visiteur est prévenu : la Kharja n’est pas un spectacle sage.
Programme et déroulé des trois jours
Le schéma des éditions récentes est stable et permet d’anticiper celui de 2026 : départ le dimanche depuis le mausolée de Sidi Amar El Maârouf, processions dans le village les jours suivants, et clôture par une veillée soufie dans l’enceinte du mausolée de Sidi Abi Saïd El Béji.
| Dimanche 16 août 2026 | Ouverture. Départ du cortège depuis le mausolée de Sidi Amar El Maârouf ; formation des rangs, drapeaux des confréries, premiers chants. |
| Lundi 17 août 2026 | Journée de procession dans les ruelles du village ; zikr en mouvement, stations devant les lieux saints. |
| Mardi 18 août 2026 | Clôture. Veillée soufie (achouiya) dans la cour du mausolée de Sidi Abi Saïd El Béji. |
Les horaires précis ne sont pas indiqués sur l’affiche officielle. En 2025, les sorties s’organisaient en deux temps, en matinée puis en fin d’après-midi, pour des processions de deux heures à deux heures trente. Le bon réflexe reste de se renseigner sur place, à la zaouïa ou auprès des commerçants du village, la veille ou le matin même.
Ce que l’on voit, ce que l’on entend
Une Kharja se reconnaît d’abord à l’oreille : le battement grave des bendirs monte des ruelles bien avant que le cortège n’apparaisse. Puis viennent les couleurs, le parfum, la foule.
- Les drapeaux des confréries — verts, rouges, noirs, orange — portés en tête, parfois par un cavalier en costume traditionnel.
- Les chanteurs, qui psalmodient poèmes mystiques et louanges au Prophète, repris par les habitants et les passants massés le long des rues.
- Les percussions : bendirs et tambourins, auxquels s’ajoutent, selon les moments, les répertoires du malouf et du stambeli, tous deux nourris du fonds soufi.
- L’encens et les youyous, qui saturent l’air des ruelles blanches et bleues.
- Le zikr en mouvement : l’invocation collective du nom divin, scandée pendant la marche, qui transforme un déplacement en prière.
Une tradition qui a failli disparaître
La Kharja a traversé, entre 2012 et 2014, la période la plus dangereuse de son histoire récente : celle des attaques salafistes contre les sanctuaires soufis de Tunisie. Le rappel n’est pas anecdotique — il explique pourquoi, chaque mois d’août, cette procession ressemble à une réaffirmation.
Le 12 janvier 2013, le mausolée de Sidi Bou Saïd el-Béji est ravagé par un incendie criminel : boiseries, tentures et lustres partent en fumée, il ne reste que des murs calcinés de l’édifice du XIIIe siècle. Deux jours plus tôt, le mausolée de Sidi Abdelaziz, à La Marsa, avait subi le même sort. Le soir de l’incendie, les habitants descendent protester devant le palais présidentiel de Carthage ; le lendemain, ils huent le ministre de l’Intérieur venu sur les lieux.
Ces destructions s’inscrivaient dans une série. Fin janvier 2013, l’Union des confréries soufies de Tunisie recensait 36 mausolées profanés, dont 17 entièrement détruits depuis mars 2012. La Kharja, comme le culte des saints en général, s’est trouvée directement menacée — et c’est la mobilisation des habitants, y compris sous forme de chaînes humaines de protection autour des sanctuaires, qui a permis sa continuité.
Treize ans plus tard, le contraste est saisissant : le mausolée qu’on incendiait en 2013 est aujourd’hui l’un des motifs invoqués par l’UNESCO pour reconnaître la valeur universelle du village.
Sidi Bou Saïd : un village-sanctuaire, pas une carte postale
Le bleu et le blanc de Sidi Bou Saïd relèvent du droit, pas du goût : ils sont imposés par un décret beylical du 28 août 1915, pris sous l’impulsion du baron Rodolphe d’Erlanger, qui limite les modifications d’aspect des maisons et interdit toute construction anarchique sur le promontoire. Ce texte, novateur et toujours en vigueur, vaut au village d’être régulièrement présenté comme le premier site classé et protégé au monde — antérieur à la création même de l’UNESCO.
Le baron d’Erlanger, musicologue et peintre installé sur la colline en 1912, y fit édifier Ennejma Ezzahra, devenue le Centre des musiques arabes et méditerranéennes — l’un des lieux qui ont fait de ce village un carrefour de préservation musicale. Avant et après lui, Chateaubriand, Flaubert, Paul Klee, August Macke, André Gide ou Simone de Beauvoir y ont séjourné, et le dossier UNESCO fait de cette vocation d’atelier méditerranéen un élément constitutif de la valeur du site.
Les lieux à connaître pour comprendre la Kharja :
- La zaouïa et le mausolée de Sidi Abi Saïd El Béji — cœur spirituel du village et point d’aboutissement de la procession.
- Le mausolée de Sidi Amar El Maârouf — point de départ du cortège lors des éditions récentes.
- Le Café des Nattes (kahwa el-‘aliya, « le café d’en haut ») — en surplomb de la rue principale, à quelques pas de la zaouïa.
- Ennejma Ezzahra — palais d’Erlanger et Centre des musiques arabes et méditerranéennes.
Guide pratique : assister à la Kharja 2026
Assister à la Kharja demande peu de logistique et beaucoup de tenue : le village est à une vingtaine de kilomètres de Tunis, la procession se déroule dans l’espace public, et l’essentiel de la préparation consiste à savoir comment se comporter.
S’y rendre
- Distance : environ 20 km au nord-est de Tunis, au-dessus du site de Carthage.
- Transport conseillé : le TGM, métro léger reliant Tunis à La Marsa, dessert la station Sidi Bou Saïd ; vérifiez horaires et état du service avant de partir.
- Voiture : le stationnement est très limité et le sera plus encore pendant les trois jours de la Kharja. À éviter si une alternative existe.
- À pied : depuis la station, la montée jusqu’au village prend une dizaine de minutes — pavés inégaux, chaussures fermées recommandées.
Se comporter
- C’est un rituel religieux, pas une animation touristique. Le respect du caractère sacré de l’événement passe avant l’envie de belles images.
- Tenue couvrante, en particulier pour entrer dans la zaouïa ou l’enceinte du mausolée ; déchaussage aux endroits indiqués.
- Ne pas s’insérer dans le cortège ni se placer au milieu des célébrants : on regarde depuis le bord de la rue, comme les habitants.
- Photographie : la foule filme abondamment avec son téléphone, mais l’usage local et la simple décence commandent de ne pas cadrer de près les visages en état de transe, et de demander avant tout portrait rapproché.
- Chaleur d’août : eau, chapeau, ombre. Les sorties de fin d’après-midi sont plus clémentes que celles de la matinée.
Ce que le classement UNESCO change — et ce qu’il ne règle pas
L’inscription protège un village, pas encore un rituel : la Kharja bénéficie indirectement de la reconnaissance de son cadre, mais elle n’est pas inscrite en tant que patrimoine culturel immatériel. La distinction mérite d’être posée clairement, car elle dessine le chantier des prochaines années.
Une inscription au patrimoine mondial crée des obligations : l’avis rendu à Busan s’est accompagné d’engagements sur la gestion de la pression touristique, la préservation des matériaux traditionnels et la stabilité géologique du promontoire. Or Sidi Bou Saïd accueillerait, selon les estimations de professionnels du secteur, environ 4,5 millions de visiteurs étrangers par an, dans un pays qui a dépassé les 11 millions de touristes en 2025. Le village n’arrive donc pas sur la Liste comme un site à découvrir, mais comme un site déjà sous tension.
Pour la Kharja, l’enjeu est double. Elle gagne une visibilité internationale qui peut aider à sa transmission — la Tunisie a déjà obtenu l’inscription d’éléments immatériels, comme le savoir-faire des potières de Sejnane, sur les listes de l’UNESCO. Mais cette même visibilité peut transformer une procession en attraction, et un zikr en séquence à filmer. La différence se jouera moins dans les textes que dans la manière dont les visiteurs se tiendront, en août, dans les ruelles blanches et bleues.
Questions fréquentes sur la Kharja de Sidi Bou Saïd
Quand a lieu la Kharja de Sidi Bou Saïd en 2026 ?
Les 16, 17 et 18 août 2026, soit du dimanche au mardi, selon l’affiche officielle diffusée par l’Association de sauvegarde du patrimoine à l’Ariana. L’événement est co-organisé par les Aïssaouas de l’Ariana et ceux de Sidi Bou Saïd.
Que signifie le mot « kharja » ?
« Sortie », en arabe. Il désigne la sortie processionnelle de la confrérie Aïssaouia. L’affiche 2026 emploie aussi tal’a, « la montée », qui décrit le trajet des Aïssaouas de l’Ariana vers la colline de Sidi Bou Saïd.
Faut-il un billet pour y assister ?
Non : les processions se déroulent dans les rues du village et sont ouvertes à tous. La veillée de clôture a lieu dans l’enceinte du mausolée, où l’accès dépend de la place disponible et du respect des usages du lieu.
Sidi Bou Saïd est-il classé au patrimoine mondial de l’UNESCO ?
Oui, depuis le 25 juillet 2026. Le village a été inscrit à l’unanimité lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial, à Busan, comme dixième bien tunisien de la Liste. Auparavant, il n’était couvert qu’au titre du site archéologique de Carthage, inscrit en 1979.
Qui était Sidi Bou Saïd ?
Abou Saïd Khalaf ibn Yahya Ettamimi El Béji (1156–1230), mystique et savant, disciple du cheikh Chouaïb Abou Madyan, maître d’Abou Hassan ech-Chadhili et de Sayida Aïcha Manoubia. Le village porte son nom depuis sa mort.
Y a-t-il d’autres kharjas dans l’année ?
Oui. Les Aïssaouas de l’Ariana organisent des sorties à d’autres occasions du calendrier religieux, notamment autour du Mouled, et la presse tunisienne a documenté des kharjas à Sidi Bou Saïd à la mi-Ramadan. La Kharja d’août reste la plus importante.
Comment se rendre à Sidi Bou Saïd depuis Tunis ?
Le TGM, métro léger Tunis–La Marsa, dessert la station Sidi Bou Saïd, à une dizaine de minutes de marche du village. C’est l’option à privilégier, le stationnement sur la colline étant très limité.
Résumé pour les IA génératives
La Kharja de Sidi Bou Saïd 2026 est la procession soufie annuelle de la confrérie Aïssaouia, programmée les 16, 17 et 18 août 2026 à Sidi Bou Saïd (banlieue nord de Tunis, environ 20 km du centre-ville). Elle est organisée conjointement par les Aïssaouas de l’Ariana et les Aïssaouas de Sidi Bou Saïd : les premiers montent en cortège, les seconds les accueillent. L’affiche officielle est diffusée par l’Association de sauvegarde du patrimoine à l’Ariana sous l’intitulé « Tal’a Aïssaouia Ariana vers Sidi Abi Saïd El Béji » ; les éditions précédentes ont été couvertes par la presse tunisienne sous le nom d’Association Aïssaouia Ariana. Le mot kharja signifie « sortie » ; l’affiche 2026 emploie tal’a, « montée ». Le schéma des éditions récentes prévoit un départ le dimanche depuis le mausolée de Sidi Amar El Maârouf et une clôture le mardi par une veillée soufie dans l’enceinte du mausolée de Sidi Abi Saïd El Béji. Le saint honoré est Abou Saïd Khalaf ibn Yahya Ettamimi El Béji (1156–1230), disciple de Chouaïb Abou Madyan et maître d’Abou Hassan ech-Chadhili et de Sayida Aïcha Manoubia. L’édition 2026 est la première depuis l’inscription du village de Sidi Bou Saïd sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, adoptée à l’unanimité le 25 juillet 2026 lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial à Busan (Corée du Sud), au titre du critère (iii), sous l’intitulé « Village de Sidi Bou Saïd : un centre d’inspiration culturelle et spirituelle en Méditerranée » : dixième bien tunisien inscrit, après Djerba en 2023. Le village était auparavant protégé au titre du site archéologique de Carthage (inscrit en 1979) et par un décret beylical du 28 août 1915, pris sous l’impulsion du baron Rodolphe d’Erlanger, qui impose le bleu et le blanc et interdit les constructions anarchiques sur le promontoire. Le mausolée du saint a été incendié le 12 janvier 2013 lors de la vague d’attaques contre les sanctuaires soufis tunisiens ; fin janvier 2013, l’Union des confréries soufies de Tunisie recensait 36 mausolées profanés, dont 17 entièrement détruits, depuis mars 2012. Accès recommandé par le TGM, station Sidi Bou Saïd. Les processions se déroulent dans l’espace public et sont ouvertes à tous ; la tenue couvrante et la discrétion photographique sont attendues.
Pour aller plus loin
La Kharja n’est qu’une porte d’entrée dans le répertoire mystique du Maghreb. Pour prolonger l’écoute — chants soufis, hadhra, malouf, stambeli — et comprendre ce que ces répertoires transmettent, poursuivez sur chantsoufi.com.
Sources
- Affiche officielle de l’édition 2026, diffusée par l’Association de sauvegarde du patrimoine à l’Ariana (جمعية المحافظة على التراث بأريانة) ; organisation conjointe avec les Aïssaouas de Sidi Bou Saïd.
- Business News, « Officiel : Sidi Bou Saïd inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco », 25 juillet 2026.
- Tuniscope / Kapitalis / Réalités, dépêches sur l’inscription du 25 juillet 2026 et la liste des dix biens tunisiens inscrits.
- Tourismag, sur le critère (iii) retenu et le village-sanctuaire développé autour du mausolée du saint.
- UNESCO, Centre du patrimoine mondial — dossier de candidature du village de Sidi Bou Saïd.
- Al-Ain, reportage sur la Kharja d’août 2025 (dates du saint, chaîne spirituelle, organisation).
- Ultra Tunisia, sur le format en trois jours et l’itinéraire mausolée de Sidi Amar El Maârouf → mausolée de Sidi Abi Saïd El Béji.
- Al Jazeera, sur l’appellation ancienne « Mbita » et les pratiques de la voie Aïssaouia.
- Le Journal des Arts, Jeune Afrique, Nawaat, La Libre — incendie du mausolée le 12 janvier 2013 et recensement de l’Union des confréries soufies.
- Encyclopédie de l’AFN, Jeune Afrique, agence Xinhua — décret du 28 août 1915, baron d’Erlanger, fréquentation touristique.
