La tsarine Olga Malakhova ne le sait pas encore, mais son nom restera. Je me suis toujours demandé pourquoi en pensant à l’extraordinaire émulation et production des artistes bohèmes du Paris-Montmartre du XIX – XX ième siècle, je ressentais souvent un terrible mais indéfinissable manque, une lacune inexplicable, une indicible absence. De Pissarro à Picasso, de Steinlen à Toulouse-Lautrec, de Van Gogh à Modigliani, d’Apollinaire à Soutine, tous ces hommes remarquables, et bien d’autres encore, étaient des artistes accomplis, peintres et poètes aux imaginaires et talents innombrables. Par leurs œuvres et art de vivre ils ont incontestablement marqué l’Histoire et nos mémoires. Mais dans leur génie, leur créativité, leur folie, il manquait toutefois une facette, une texture, une sensibilité, une palette, il manquait une manière bien particulière de traiter les sujets, … il manquait Olga. En effet, le toucher félin et féminin de l’absinthique plasticienne Olga Malakhova, cette intense danse de sentimentalité, ce pinceau audacieux, classique et provoquant à la fois, cette prodigieuse érudition patrimoniale, signes et symboles civilisationnels harmonieusement distillée toiles après toiles, est arrivé comme une heureuse et miraculeuse réparation. De la très sainte Russie à la cité antique de Gafsa, l’artiste-peintre russo-tunisienne Olga Malakhova nourrit son inspiration de son parcours atypique et propose de suivre toile après toile l’odyssée-bohème de son univers pictural unique, de foisonnantes compostions à lectures multiples, une très expressive théâtralité et néanmoins sensuel des thèmes et une signature visuelle parfaitement identifiable. C’est pourquoi, désormais, dans ma collection privée comme dans celles de collectionneurs de plus en plus nombreux à la chouchouter, il y a immanquablement des tableaux d’Olga Malakhova.
OLGA MALAKHOVA (Artiste-plasticienne)
