Au cours de cette période postrévolutionnaire, la Tunisie a connu la fracture dans ses multiples dimensions :
- politique avec la polarisation entre islamistes et modernistes et le jihadisme en embuscade,
- économique avec l’opposition entre force de travail et structures de production de l’entreprise
- commercial avec l’adversité entre commerce formel et commerce informel
- esthétique avec le conflit entre islamisme et création artistique
- urbaine avec l’échec de la ville de gérer l’espace urbain envahi par les produits du commerce parallèle et les déchets orduriers
- académique avec l’apparition du plagiat et de la fraude
- culturel avec la mort de l’intellectuel et l’émergence du blogueur …
L’auteur relate ces différentes dimensions de la fracture, analysant les mécanismes de sa consolidation et mettant en relief les capacités de résilience du corps social tunisien. Mais les deux préoccupations principales qui traversent l’ensemble de ces textes c’est d’une part les effets de la marchandisation du monde sur le cours des évènements et d’autre part l’inadéquation du modèle déterministe et fonctionnel pour en rendre compte. Le monde arabe postrévolutionnaire semble obéir à la loi du marché qui envahit tous les domaines de la vie collective et relever plutôt du quantique et du fractal :
- quantique parce qu’il est plutôt dans l’indétermination que dans le déterminisme fonctionnel,
- et fractal parce que fragmentaire et chaotique et que du chaos naîtra un ordre nouveau, l’attracteur étrange.
Ridha Boukraa, sociologue, est l’auteur de plusieurs travaux dont :
- La fracture, écrits sociologiques postrévolutionnaires (Tunis, 2014)
- Néolibéralisme et Mondialisation (CPU, 2011)
- Protection de l’environnement et développement durable (CPU, 2010)
- Hammamet, études d’anthropologie touristique (CPU, Tunis, 2008)
- Comprendre la Mondialisation, études sociologiques (CPU, 2005)
La Commune de Sidi Bou Saïd organise une Conférence-Débat avec le Professeur Ridha Boukraa autour de son ouvrage : La fracture. Ecrits sociologiques postrévolutionnaires.
Dimanche 14 Janvier 2018 à 10h00 à la Galerie Hédi Turki de Sidi Bou Saïd. Entrée Libre.
