Zouari 2

Illustrateur de légendes arabes, narrateur des cavaliers de l’Age d’Or, fdaoui de l’Histoire profane et sacrée, dans la grande tradition du Medjdoub, ce messager d’autrefois transmettant les mots de nos pères, sentences et proverbes oubliés d’antan, l’artiste kelibien Mohamed Zouari, exposition après exposition, confirme au fil des ans et des œuvres exceller autant en maître des Beaux-Arts qu’en héritier de ces mythiques conteurs publics.

 

Peintre connu et reconnu, styliste des couleurs et des formes, sculptant astucieusement l’acrylique, résine et terre cuite, distillant toutes les nuances du bleu et du doré, jouant adroitement avec la calligraphie, ses lettres, mots, vers et versets insérés, écriture visuelle et tridimensionnelle faite de bosses, pointes et autres aspérités, reliefs, pigments et tonalités harmonieusement fusionnées, usant de ses mains et pinceaux comme d’un calame royal pour exprimer avec délicatesse son cœur et sa sensibilité, sa technique innovante et aboutie se met toute entière au service de sa picturale poésie.

Zouari 11Personnages romanesques, paysages et villages pittoresques, scènes et rituels intemporels, sans nostalgie aucune mais véritable recherche d’universalité, Mohamed Zouari recompose pour notre plus grand plaisir les récits, voyages et épopées qui depuis des lustres et des siècles ont façonnées et peuplées l’imaginaire et le merveilleux de l’Humanité. Ainsi, sujets rares et supports inédits chez ses contemporains, Mohamed Zouari met en scène, à la manière du peplum, les exploits des valeureux Antar Ben Chaddad et Tarafa sur de véritables boucliers-tableaux. Ces battants du destin, chevaliers des temps antéislamique, courageux en guerre comme en amour, ont œuvré durant toute l’exposition à séduire la belle dame en rouge, cette Joconde modiglianesque, troublante héritière de Schéhérazade par son énigmatique beauté. Un peu plus loin, un festin de poisson fraîchement pêchés semblait les attendre pour rafraîchir les estomacs et les sens, tandis que des totems incarnaient pour l’un le Cheikh suprême Mohamed et pour l’autre Laylat al-Kadr (Nuit du Destin), et diffusaient toute la profonde mystique, avec ses ors, ses feux, ses poètes et prophètes, d’un Islam extatique. Mais c’est avec sa « Méditation spirituelle », fresque associant côte-à-côte les cinq appels quotidiens à la prière, que le mage Zouari revisite et retranscrit le mieux les puissantes aurores de ses références sacrées.

Zouari 9Ainsi, nous faisant errer avec lui dans des lacis de Bagdad, d’Abou Dhabi, d’Egypte et de Sidi Bou Saïd, dans des palais d’or et de marbre d’Irak, Perse et Andalousie, le long de plaines fertiles et d’espaces désertiques, entouré de savants, philosophes, princes et suaves héroïnes, ou seulement en compagnie de la rumeur du vent courant le long des dunes alangui, Zouari l’enchanteur réinvente sans cesse le rêve miraculeux des Mille et Une Nuits, ce sublime Orient immémorial qui tant nous émerveille, offrant toute la richesse des sagesses et pensées anciennes héritées des traditions et de la nuit des temps, les munificents trésors qui ont rendu cette éblouissante civilisation arabo-musulmane définitivement éternelle.

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