Un livre d’Histoire peu ordinaire nous fut ouvert et offert par l’artiste peintre Ali Wali durant la visite de son Atelier à Sidi Bou Saïd, Tunisie. Mémorialiste de l’ancien temps, celui des Beys (ses préférés sont Hassine, Naceur, Lamine …) comme celui des cafés (Kawa al-Alya de Sidi Bou Saïd ; café Saf Saf de La Marsa …), celui des janissaires et majestueux cavaliers comme celui des musiciens, confiseurs et marchands d’orange, Ali Wali est celui qui retrouve et transmet l’Histoire oubliée, les lieux, les noms, les faits, les dynamiques des siècles et des nations, celle du Royaume de Tunis en particulier.
LE BEYLICAT, tabou de l’Histoire tunisienne !
L’Histoire tunisienne se raconte souvent à grands coup de mythes et de contes. De la construction légendaire de Carthage par une Elyssa d’outre-mer à un Bourguiba prométhéen faisant naître une Nation entière à partir de simples poussières, les fables et fantasmes ne manquent pas au pays des fdaouis. Et pourtant, une période bien réelle et néanmoins glorieuse et fascinante de l’Histoire de la Tunisie nous est rarement relatée : celle du beylicat ! Véritable tabou sous la dictature bourguibienne, et cependant partout présente dans les villes, livres et mémoires, la monarchie beylicale se révèle être une composante fondamentale et fondatrice même de l’identité tunisienne, de son génie, de sa Civilisation, de sa noblesse !
Affutant son pinceau tel l’acier du sabre des cavaliers arabes, les meilleurs, les premiers des chevaliers, Ali Wali, cet aristocratique illustrateur de toute cette période-là, peint sur des formats de dimension très diversifiés. Réputé pour ses tableaux de palais (deux de ses toiles historiques grand format sont toujours accrochées au Palais présidentiel de Carthage), c’est toutefois avec les miniatures qu’il atteint le meilleur de sa peinture. D’une finesse et exactitude remarquable, dans un style proche de l’œuvre d’Ammar Farhat, son art minutieux fait revivre des scènes et sujets avec une précieuse précision. Ces personnages vivants nous parlent implicitement de leur vécu pour nous raconter les vices à éviter, les vertus à encourager, les erreurs à ne pas renouveler. Et c’est bien là une inestimable source de richesse, cette peinture est celle de Tradition, de la transmission, de la Sagesse.
