Fatma Jabberi Farroukh est une architecte et conservatrice tunisienne dont le travail au Palais Ennejma Ezzahra, à Sidi Bou Saïd, incarne un engagement profond envers la préservation et la valorisation du patrimoine culturel. Depuis octobre 2015, elle occupe le poste d’architecte principal et chef du service technique au Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes, chargé de la conservation de ce site historique, également connu sous le nom de Palais du Baron d’Erlanger. Ce palais, construit entre 1912 et 1922 par le baron Rodolphe d’Erlanger, est aujourd’hui un musée d’instruments de musique et un centre culturel, attirant des visiteurs pour son architecture arabo-islamique et sa vue sur la mer Méditerranée.
Un Parcours Marqué par la Passion du Patrimoine
Née et ayant grandi en Tunisie, Fatma Jabberi Farroukh a étudié l’architecture à l’Université de Tunis. Après avoir exercé comme architecte libérale, elle a basculé vers la conservation du patrimoine en 2011, rejoignant l’Institut National du Patrimoine (INP). Elle y a travaillé sur des sites historiques classés tels que la Médina de Tunis, Sidi Bou Saïd et Carthage, ainsi que sur des projets archéologiques comme le relevé du site de Kerkouane. Dans une interview sur Archibat, elle évoque avec enthousiasme : « J’ai eu la chance de travailler sur des sites historiques classés tels que la Médina de Tunis, Sidi Bou Saïd, Carthage… », soulignant son « euphorie » pour ces lieux chargés d’histoire.
En 2015, elle a pris les rênes de la conservation du Palais Ennejma Ezzahra, un poste qu’elle décrit comme « un privilège de travailler dans un lieu magique », le « rêve pour tout architecte » selon ses propres mots. Ce palais, classé monument historique depuis l’indépendance de la Tunisie, est un symbole de l’héritage arabo-andalou, mêlant influences espagnoles et italiennes, et abrite une collection d’instruments de musique et une phonothèque, comme détaillé sur le site officiel du CMAM.

Une Mission de Conservation et d’Innovation
En tant que conservatrice, Fatma Jabberi Farroukh supervise la restauration et la maintenance du palais, ainsi que la gestion de ses collections. Ses responsabilités incluent la coordination logistique pour des événements musicaux, comme des concerts et spectacles, et la supervision de l’inventaire de la bibliothèque historique, avec des efforts de conservation des archives papier. Parmi ses réalisations notables, on trouve la restauration de l’atelier de peinture de Rodolphe d’Erlanger, documentée dans la revue iddéco n°28 (« Renaissance au palais Ennejma Ezzahra, Restauration de l’atelier de peinture de Rodolphe d’Erlanger »). Elle a également coordonné la restauration de la Zaouia de Sidi Bou Saïd El Bèji après un incendie, impliquant des étudiants, un projet détaillé dans Archibat n°37 (« Zaouiet Sidi Bou Said El Bèji, Restauration et mise en valeur »).
Ses projets en cours visent à rendre le palais plus interactif et accessible. Elle planifie la création d’un parcours interactif, l’ouverture d’un café-boutique du musée et la transformation des garages du baron en espace culturel, comme mentionné dans Archibat n°47 – Août 2019. Ces initiatives s’inscrivent dans sa vision de « travailler sur plus d’ouverture et d’interactivité avec le public et les visiteurs », avec des idées comme des nuits animées de lumières, des parcours sensoriels et une salle d’interprétation utilisant de nouvelles technologies, comme elle l’a confié dans une interview sur Archibat.
Pour organiser ses contributions, voici un tableau des projets clés associés à son travail au palais :
| Projet | Description | Source |
|---|---|---|
| Restauration de l’atelier de peinture | Restauration de l’espace de travail de Rodolphe d’Erlanger. | Revue iddéco n°28 |
| Restauration de la Zaouia | Restauration après un incendie, impliquant des étudiants. | Archibat n°37 |
| Parcours interactif et café-boutique | Plans pour un musée plus engageant, incluant un café et des activités interactives. | Archibat n°47 – Août 2019 |
| Espace culturel dans les garages | Transformation des garages du baron en espace culturel pour le public. | Archibat n°47 – Août 2019 |
Un autre tableau résume ses affiliations et rôles :
| Rôle/Affiliation | Détails | Période |
|---|---|---|
| Architecte Principal, CMAM | Conservatrice du Palais Ennejma Ezzahra. | Depuis octobre 2015 |
| Membre ICOMOS Tunisie | Engagement dans la préservation internationale du patrimoine. | Actuel |
| Membre Association Sidi Bou Saïd | Sauvegarde des monuments locaux. | Actuel |
| Chef Architecte, Institut du Patrimoine | Présentations sur des attaques au mausolée de Sidi Bou Saïd (forum UNESCO). | Avant 2015 (estimé) |
Une Vision Communautaire et Internationale
Fatma Jabberi Farroukh croit fermement à l’intégration du patrimoine dans la vie quotidienne. Elle a promu l’implication communautaire, notamment avec les habitants locaux, qui l’ont adoptée comme « bint el 7ouma » (fille du quartier) dans la Médina, selon Archibat. Elle a également impliqué des jeunes et des femmes dans ses projets, renforçant la dynamique patrimoniale.
À l’international, elle a coordonné le projet ArcheoMedSites, documentant et planifiant stratégiquement des sites comme Carthage et Kerkouane, avec des activités en Italie, au Liban et en Tunisie, comme indiqué dans Archibat. De plus, elle a joué un rôle dans la prévention de l’extrémisme violent via le patrimoine, présenté lors du forum UNESCO de 2019, où elle a discuté de cas comme le mausolée de Sidi Bou Saïd, montrant comment le patrimoine peut unir et favoriser la paix (UNESCO).
Membre de ICOMOS Tunisie et de l’association pour la sauvegarde des monuments de Sidi Bou Saïd, elle s’engage à préserver non seulement le palais, mais aussi l’héritage culturel plus large de la Tunisie.
Une Gardienne Inspirante pour l’Avenir
Fatma Jabberi Farroukh continue de façonner l’avenir du Palais Ennejma Ezzahra. Sa vision va au-delà de la conservation : elle aspire à transmettre le patrimoine aux générations futures, avec des expériences muséales interactives et inclusives. Une note inattendue, mais significative, est son rôle dans la prévention de l’extrémisme violent, montrant comment le patrimoine peut être un outil de paix et de réconciliation, un aspect peu connu mais crucial de son travail.
Sous sa direction, le palais reste un lieu de rencontre entre histoire, culture et modernité, attirant des visiteurs du monde entier, comme en témoigne une récente résidence artistique en février 2025, où des musiciens tunisiens et européens ont collaboré pour créer un opéra participatif (Univers News). Fatma Jabberi Farroukh est ainsi une gardienne compétente et inspirante, unissant passé et avenir pour un patrimoine vivant et partagé.
Sources
- Fatma JABBERI FARROUKH Architecte conservatrice du palais Ennejma Ezzahra Archibat
- Centre du patrimoine mondial Arab World Heritage Young Professionals Forum in Tunisia UNESCO
- PALAIS DAR NEJMA EZZAHRA Sidi Bou Said Ce qu’il faut savoir pour votre visite TripAdvisor
- Le palais CMAM Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes Ennejma Ezzahra
- Résidence artistique inédite à Ennejma Ezzahra Univers News
